Usine de chaussures Rollin et Morel, puis Morel, M
Etablissement composé d'un grand corps de bâtiment principal, l'atelier de fabrication et les bureaux, à un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble, puis d'un second corps de bâtiment, qui abrite le générateur, à un étage de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé. L'atelier de fabrication, construit en béton armé enduit, couvert de sheds et d'une croupe brisée en ardoises, est flanqué d'une tour d'angle dans-oeuvre, qui domine l'ensemble du bâtiment et qui est couverte d'un toit en terrasse. La composition architecturale présente des rythmes verticaux : travées, décrochements, décors de pilastres cannelés, et horizontaux : bandeaux, corniches, tympans et frontons, mais aussi de nombreux décors en mosaïque (abstraits tels que des frises, et porteurs de sens tels que les coqs en référence à la marque déposée). Le bâtiment du générateur, moins ostentatoire, présente toutefois, comparé à sa fonction, un aspect assez monumental avec une façade soulignée par une travée centrale plus élevée, surplombant ainsi le reste du bâtiment ; il est couvert d'un toit en terrasse.Usine de chaussures fondée en 1886 par MM. Rollin et Morel. Dès le début, l'usine se spécialise dans la fabrication de chaussures de luxe pour femmes, fillettes et enfants. Les ventes, sans cesse croissantes, nécessitent dès 1890 un agrandissement du premier atelier de 32 m2 suivi d'un second en 1900, le tout donnant naissance à un bâtiment d'une surface de 1300 m2. Depuis 1909, A. Morel dirige seul l'entreprise avant de laisser la direction à son fils M. Morel. Sous son impulsion et avec l'aide de R. Gâté, l'usine maintient la production à son niveau d'avant-guerre avec mille deux cent paires de chaussures par jour. Depuis sa fondation, l'entreprise accumule les médailles et les prix aux expositions nationales et internationales. La réputation toujours croissante de ses marques Au Coq et Au Coq Gaulois est la récompense d'efforts toujours à l'affût du progrès. En 1927, construction d'une nouvelle usine par l'architecte vitréen L. Gauvin, décorée de mosaïques par Odorico sur les plans dressés par Ernest Prevos. En 1942, essai de mise en place d'une organisation scientifique du travail qui va s'avérer inadaptée d'où une restructuration de l'équipement. En 1957, l'entreprise Morel et Gâté fait appel à Bull-Général-Electric et IBM afin de se doter d'un matériel performant pour le service de comptabilité-gestion-mécanographie. A partir des années 1960, elle est malgré tout en perte de vitesse. En dépit d'un essai de diversification avec la fabrication de chaussures de sport, la liquidation est prononcée en février 1976. La même année, la société Harrys Mode Confort lui succède, avant faillite en 1985 et la réhabilitation des bâtiments en maison de retraite.En 1898, acquisition d'une machine à vapeur. En 1910, mise en place d'une nouvelle machine à vapeur, ainsi que d'un groupe électrogène. En 1950, installation d'une chaîne Varion de quarante-six places, ainsi que de deux convoyeurs couplés à des bancs de piqûre Pfaff qui permettent la circulation automatique des pièces d'un poste à l'autre.En 1889, l'usine de chaussures emploie cent cinquante salariés, cinq cent trente en 1936 et quatre cent quatre vingt neuf en 1940. En 1980, Harrys Mode Confort occupe cent soixante quatre ouvriers.
Auteur(s) du descriptif : Gasnier Marina
Par : L'inventaire du patrimoine