Ancienne ferme et relais de poste, route de Kermar
Le bâtiment en moellons réguliers de granite, à pignon découvert, présente une typologie unique avec appentis antérieur construit contre la totalité de la façade nord, orientée sur rue. Celui-ci abrite une ancienne étable à chevaux dallée avec mangeoires, un puits et probablement un second espace autrefois destiné aux chevaux. A droite de l'entrée, l'appentis était ouvert sur la rue, porté par un pilier monolithe en granite (trois mètres de haut), avant d'être bouché par des parpaings : il permettait aux animaux d'accéder à l'abreuvoir autrefois placé devant le puits. L'habitation proprement dite, de plan allongé, à étage carré, est ouverte au sud par trois fenêtres à feuillures et une porte secondaire. La seule ouverture percée au nord est l'entrée pavée surmontée d'un jour. A l'intérieur de la maison, une longue et haute mangeoire sépare partiellement le rez-de-chaussée en deux unités : la salle à l'est avec sa cheminée sur le pignon ; l'étable à l'ouest, desservie au sud par la porte secondaire. La mangeoire, muret creusé d'une cavité, s'appuyait partiellement contre le massif de l'escalier en vis qui, à partir de la salle, desservait l'étage. Sous l'escalier est ménagée une soue ouverte sur l'étable. Depuis l'étable, un jour percé dans le mur nord permettait de surveiller l'intérieur de l'écurie, aménagée dans l'appentis nord, sans être obligé de sortir dehors. L'étage était probablement à usage mixte de chambre et de grenier comme en témoignent, à ce niveau, les traces d'arrachements de cheminée sur le pignon ouest. Le garde-corps en bois de l'escalier, à balustres plates, est toujours en place. Le grenier situé au-dessus de la chambre haute est accessible par une trappe ménagée dans le plafond à poutres et solives.Cette ferme est l'une des plus anciennes habitations du bourg, probablement édifiée dans la seconde moitié du 17e siècle. Elle a conservé sa disposition d'origine. Sa localisation, ses grandes dimensions, la présence d'une tourelle d'escalier en demi-hors-oeuvre au sud posent la question de la position sociale de son constructeur. Il s'agirait de l'ancien relais de poste de Berrien, où s'arrêtait la diligence allant de Carhaix à Morlaix, ce que confirmeraient la présence du puits couvert, des étables à chevaux situées en bord de rue sous l'appentis nord. Celui-ci présente un espace ouvert sur la rue, à droite de la porte d'entrée, qui a été partiellement bouché par des parpaings dans le troisième quart du 20e siècle. A l'intérieur de la maison, un mur de parpaings a été monté à la même époque contre la mangeoire, en remplacement d'une cloison en planches, elle-même ajoutée au 19e siècle pour séparer l'étable de la salle, en réponse aux principes hygiénistes. La petite porte percée dans la tourelle d'escalier, côté ouest, afin d'assurer le passage direct des cochons depuis l'extérieur, a été bouchée. Les deux fenêtres percées sur les pignons est et ouest, l'une pour éclairer la salle, l'autre pour éclairer l'étable, ont été bouchées également. La présence d'une fenêtre sur le pignon ouest implique qu'à l'origine la ferme n'était pas mitoyenne comme l'atteste sa représentation sur le cadastre ancien de 1836 (parcelle 187).
Auteur(s) du descriptif : Douard Christel ; Maillard Florent ; Tanguy-Schröer Judith
Par : L'inventaire du patrimoine