Moulin à blé, puis minoterie d'Epron (Nouvoitou)
Le site comprend plusieurs corps de bâtiment répartis autour d'une cour. La minoterie, formée de trois corps, présente un plan en L. Le corps principal, atelier de fabrication et bâtiment d'eau, compte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et quatre étages carrés couverts d'un toit à croupes en ardoises. Il est construit en schiste sur ses trois premiers niveaux, en grès au quatrième et en béton armé au dernier niveau formant couronnement. Ces trois types de matériaux correspondent à trois campagnes de construction différentes qui se sont succédées afin de répondre aux nécessités technologiques de la minoterie. Le second corps de bâtiment, en retour d'équerre, prolongement de l'atelier de fabrication, est construit sur le même modèle avec un niveau en moins. Ces deux bâtiments sont percés de baies à arc surbaissé, encadrées de briques et situées au même aplomb. L'entrepôt industriel, accolé, comprend un étage carré couvert d'un toit à croupes en ardoises. De l'autre côté de la cour s'organisent des bâtiments plus récents destinés au stockage de la marchandise (hangars industriels). Le logis patronal, en granite, est situé en amont du moulin.Le moulin à blé d'Epron est vendu en 1700 par la famille Brissac aux seigneurs de Châteaugiron. Des baux indiquent qu'il est antérieur à cette période. A la Révolution, le moulin appartenait encore à l'ancien seigneur de la baronnie de Châteaugiron dont le fief se situe précisément à Epron. Le moulin est réglementé par une ordonnance royale du 25 août 1842 qui fixe les conditions selon lesquelles l'usinier est autorisé à se servir des eaux de la Seiche. Dressé le 25 mai 1857, un procès verbal de récolement constate l'exécution des travaux à peu près conformes aux dispositions prescrites. A cette date, le vannage de décharge se compose de sept vantelles. En 1864, le propriétaire M. Ozanne est autorisé à entreprendre des modifications. Il désire transformer le moulin en une petite minoterie à deux paires de meules et agrandir la vanne motrice afin de substituer à l'ancienne roue hydraulique en-dessous, une roue hydraulique de côté de 2,30 m de largeur. En 1903, les ouvrages régulateurs sont reconstruits par M Ozanne. Un procès verbal de récolement des travaux de reconstruction du vannage, du 28 décembre 1903, constate son exécution conforme aux prescriptions. En 1936, la capacité maximum d'écrasement journalier s'élève à 70 q de blé. La minoterie d'Epron, dirigée par M. Legendre, est toujours en activité. En 1840, le moulin est actionné par une roue à aubes de 5 m de diamètre. Son axe est situé à 94 cm au-dessus de l'eau du bief d'amont. La chute d'eau est de 1,13 m. En 1911, mention d'une chaudière à vapeur de forme horizontale à deux bouilleurs, d'une surface de chauffe de 20,186 m2, timbrée à 6 kg et fabriquée par Hérisson, au Mans (72). En 1936, la force motrice est distribuée par une roue hydraulique qui développe 20 ch et par un moteur à gaz pauvre horizontal. La même année, le matériel de mouture se compose de quatre broyeurs à cylindre, de quatre convertisseurs, d'un plansichter et d'une bluterie hexagonale.
Auteur(s) du descriptif : Gasnier Marina
Par : L'inventaire du patrimoine