Quartier Abattoir-Redon
Secteur urbain délimité au nord par la Vilaine canalisée, à l´ouest par la rue Claude-Bernard et la rue Malakoff, au sud par la voie ferrée Rennes-Redon, à l´est par le boulevard La-Tour-d´Auvergne. L´ancienne route de Redon (actuelles rue de Redon et rue Claude-Bernard) en forme l´épine dorsale sur laquelle se greffent des rues secondaires. Il communique avec le quartier du Mail par les ponts de l´Abattoir et Robert-Schuman. A l´est, une voie primaire (boulevard La-Tour-d´Auvergne) forme une entité périphérique indépendante.Le quartier Abattoir-Redon est à l´origine une zone rurale de la commune dont les plans de la fin du 18e siècle donnent une première représentation, traversée par l´ancienne route de Caen à Redon, qui prolongeait initialement le faubourg du Champ-Dolent. Une vaste zone marécageuse s´étendait au nord de la route jusqu´à la Vilaine. La voie, reliée au port de Chicogné et à la porte Toussaints, desservait le lazaret créé à la fin du 16e siècle et l´hospice des Incurables, aménagé au 17e siècle, formant une enclave qui sépare les faubourgs de la Croix-Rocheran (actuelles rues de Chicogné et de l´Arsenal) et les domaines des manoirs de Cohignac, de Gaillon et de la Mabilais, visibles à l´ouest. Le cadastre de 1812 montre une densité plus importante du bâti le long de l´ancien chemin de Guines, au sud de l´ancien hôpital général transformé en arsenal, et des chemins joignant l´ancien faubourg de Nantes. Au nord de la route de Redon, un réseau de chemins menant à la rivière est visible, à l´ouest de l´hospice des Incurables dont il est séparé par un canal.Le cadastre de 1842 figure de nombreuses constructions nouvelles implantées en bordure des axes existants (rue de Redon, rue des Trente). Un réseau de voies nouvelles est également visible à l´est de l´emplacement prévu pour la construction d´un abattoir. Les archives communales indiquent que deux projets (en 1826 et en 1842) précèdent sa construction réalisée en 1852.Le plan de 1846 montre une implantation toujours limitée aux axes existants rectifiés et indique la présence d´une scierie, ruelle de Guines, et des terrains de l´horticulteur Lancezeur, établi rue de la Sablonnière (actuelle rue d´Inkermann). L´octroi est alors situé à l´angle de la rue de Chicogné et de la rue de l´Arsenal.Le plan d´aménagement urbain du maire Ange de Léon de 1855 (doc. 2), prévoit l´ouverture d´une voie nord-sud (actuel boulevard La-Tour-d´Auvergne) constituant la nouvelle traverse Bordeaux-Saint-Malo, et d´une voie est-ouest reliant le nouvel abattoir au Champ de Mars et à l´avenue de la Gare projetée mais également la construction d´une église, face à l´arsenal. L´ouverture des rues Malakoff et de l´Abattoir (actuelle rue Sapeur-Michel-Jouan) figure au nombre des travaux exécutés sur le plan de 1861. Le tracé en est modifié ; il s´interrompt entre la rue de la Sablonnière et l´avenue La-Tour-d´Auvergne et à l´entrée de la place du Champ-de-Mars.Sous le Second Empire, le lotissement des domaines de Gaillon et de Cohignac formera la trame viaire de ce nouveau quartier à vocation militaire (arsenal et caserne de Guines) et industrielle qui sera confortée par la canalisation de la Vilaine et l´aménagement du quai de la Prévalaye, vers 1860. A cette date, le boulevard de Sébastopol est aménagé à l´emplacement de l´ancien canal de l´hôpital.La construction du pont de l´Abattoir, en 1875, s´inscrit dans le projet de création d´un boulevard circulaire, dit boulevard de l´Ouest, reliant la route de Redon à la route de Saint-Malo, dont la rue Malakoff forme un tronçon.L´ouverture de la rue La-Motte-Picquet, destinée à améliorer la relation du quartier avec le centre de la ville, est votée en 1881. Au même moment la municipalité projette la création d´un marché (annexe 4) qui ne sera pas construit. La voie sera achevée en 1886, après le transfert de l´usine à gaz boulevard Voltaire.
Auteur(s) du descriptif : Barbedor Isabelle
Par : L'inventaire du patrimoine