Hôtel, douane, anciennement dit Le grand Motonnier
Maison représentative des maisons reconstruites sur le port par les marchands aux 17e et 18e siècles sur un parcellaire d'origine médiéval, cependant exceptionnelle par ses dimensions. Son plan à deux corps reliés par un corps d'escalier sur cour intérieure, avec corps de service en retour donnant sur le jardin à l'ouest, est inspiré des plans dessinés par Le Muet publiés en 1623 et 1647. Un passage latéral dallé dans le corps sur rue dessert la cour puis, un second passage dans le corps postérieur, également dallé longeant des celliers dont le premier à claire-voie, dessert le jardin. Elle possède deux étages carrés et un étage en surcroît. C'est un des rares exemples de cette époque construit en pierre de taille de granite ; les façades sur cour sont cependant enduites. Autre élément exceptionnel, la présence au dessus de l'escalier de deux pièces hautes superposées en pan de bois, sans feu, regardant vers le sud, c'est-à-dire vers la sortie du port construites vraisemblablement au 18e siècle. Ecuries en moellon de granite, en rez-de-chaussée au sol dallé, surmonté d'un comble à surcroît, couvertes d'un toit brisé à croupes.Cet hôtel tire son nom, 'le grand Motonnier', de son propriétaire au début du 16e siècle, Prégent Le Motonnyer. Il appartient en 1627 à Pierre Chedanne, alors sieur de Creisker et Trussac. Il est reconstruit au milieu du 17e siècle pour Jean Le Meilleur, sieur de Kerhervé, conseiller au présidial de Vannes d'après un accord passé par lui en 1655 avec le maître-maçon Laurent Le Ray et le maître charpentier Jan Bellin pour la construction des deux corps de logis. Vendue par la famille Le Meilleur en 1699 au seigneur du Thymus (Laurent André de Montigny de Marsé), puis en 1723 à Jacques de Roncheval, seigneur de Heucqueville, marchand libraire. Il est probable que l'édifice ait subi un remaniement à l'initiative de Jean-Baptiste Guillo Dubodan, riche négociant et locataire en 1715 de cet hôtel : modification de la façade (création et élargissement des baies, création d'un balcon) et ajout de la tour de vigie ("cabinet donjon" dans les textes). De 1674 à 1685, la maison sert de ferme des devoirs, puis en 1769, de bureau général des tabacs et de bureau des traites. En 1842, Achille Jacques Marie Gohier, propriétaire de l'hôtel fait une demande de reconstruction pour le perron de sa maison qui est accordée et en 1848, une demande de rejointoiement de pierres de sa façade sur rue qui est refusée car l'édifice n'étant pas dans l'alignement. Les écuries construites au 17e siècle sur la rue du Drézen ont été modifiées au 20e siècle : disparition de la lucarne, transformations de la porte cochère en porte de garage.
Auteur(s) du descriptif : Herbaut Claudie ; Toscer Catherine ; Danielo Julien
Par : L'inventaire du patrimoine