Hôtel de ville, place Maurice Marchais (Vannes)
Edifice de qualité implanté en bordure de place avec un très riche décor architectural. C'est un édifice à plan double en profondeur, à corps central à 5 travées et pavillons latéraux en ressaut à 3 travées. L'hôtel de ville est bâti sur un étage de soubassement accessible sur les côtés. Il est construit en pierre de taille de calcaire à bossage sur un soubassement en pierre de taille de granite. Le décor d'architecture est d'inspiration néo-renaissance comme les pilastres et les colonnes à chapiteaux corinthiens qui rythment les ouvertures, la forme des toitures avec lucarnes et hautes souches de cheminées. Les formes classiques sont également présentes : corniche à modillon, frise de volutes ou de balustrades en partie haute, reproduites sur des balcons du premier étage. La travée centrale du corps principal est mise en valeur dans l'axe du campanile et de l'horloge placée dans un fronton encadré par deux cariatides. Le niveau de l'entrée du corps central est percé de cinq arcades en plein cintre devant un escalier imposant qui donne accès à une salle des pas perdus agrémentée de colonnes. Le remarquable escalier symétrique est en marbre jaune à gros balustres tournés et est orné par le vitrail de Charles Champigneulle. Les décors intérieurs sont particulièrement soignés. La distribution des pièces à l'étage est symétrique. Présence d'un escalier de service dans le pavillon nord.L'hôtel de ville est édifié sous le mandat d'Emile Burgault et sur les plans de l'architecte vannetais Amand Charier de 1880 à 1886. C'est en 1861 que la municipalité fait état de son projet de construction d'une nouvelle mairie. Mais ce n'est que 17 ans plus tard, en 1878, que le dossier est ré-ouvert. Le choix de l'emplacement se porte sur la place Napoléon, ancienne place du Marché. La construction de l'hôtel de ville a fait l'objet de nombreuses controverses portant sur le choix de l'emplacement, le coût de la réalisation et l'utilité de la dépense. Elle est également à l'origine de deux procès gagnés l'un par l'architecte et l'autre par la ville.Toutes les sculptures qui constituent le décor d'architecture, ont été exécutées par le vannetais Auguste Le Merle, mais d'après des modèles réalisés à Paris par le sculpteur Henri Thiébault. De nombreux autres artistes, parisiens et nantais, ont contribué à son décor intérieur très soigné et parfaitement sauvegardé dans son ensemble. L’édifice s'apparente à celui de la capitale reconstruit à la même époque.
Auteur(s) du descriptif : Lainé Claire ; Toscer Catherine
Par : L'inventaire du patrimoine