Usine de produits agro-alimentaires (usine de char
Ce bâtiment rectangulaire construit en parpaing de béton enduit, recouvert d'un essentage de tôle dans sa partie supérieure et dans sa partie arrière, est constitué d'un rez-de-chaussée et un étage de comble séparés par un plancher en béton. Dans son angle nord est un escalier droit métallique permet de communiquer avec l'étage.Une charpente métallique supporte un toit à longs pans couvert de tôle.Le pignon nord est flanqué d'un corps de bâtiment rectangulaire couvert par un toit à un pan, qui servait d'espace d'accueil pour les usagers et clients.En 1860, Eulalie Martin, familièrement appelée "mère Lalie", crée une charcuterie artisanale, quai de Courcy, à Binic. Sa fille, devenue Mme Rossignol, poursuit l'activité. Elle ouvre une boutique rue Joffre puis crée une usine en 1921 au bord de l'Ic. C'est son petit fils Ange Rossignol qui en fait un des fleurons de l'industrie alimentaire de la région. Il deviendra un notable local, en se faisant élire maire de sa commune. Ses arrières petits-fils Michel et Yves Rossignol développent le renom de l'entreprise.En plus de sa clientèle locale, l'usine expédie lard, saucisses et andouilles en fûts dans une factorerie de Saint-Pierre-et-Miquelon, assurant ainsi l'approvisionnement des marins bretons partis à la grande pêche. Elle connaît une progression constante, avec cependant une parenthèse pendant la Seconde Guerre mondiale, où elle doit fermer. Après la guerre, elle emploie de 90 à 120 personnes. En 1961, un violent incendie détruit les bâtiments et amène la construction d'une usine moderne au même emplacement. Le site est abandonné en 1979 et est transféré dans la zone artisanale de Beaufeuillage, où, sous le nom de Binic gastronomie, on perpétue la marque "mère Lalie".Les bâtiments de l'usine sont actuellement occupés par le musée associatif de Binic. Dans les années 1990, ils ont été amputés lors d'un réaménagement de leurs abords.
Auteur(s) du descriptif : Cucarull Jérôme
Par : L'inventaire du patrimoine