Maison de prêtre
La maçonnerie de ce bâtiment est composée de moellon de grès ; la toiture à longs pans est couverte d'ardoise. Elle présente une très forte pente et est équipée d'un coyau (pièce oblique d´un versant de toit adoucissant la pente de toiture dans sa partie basse). Les baies de la façade sud possèdent des encadrements en granite. Le linteau de la porte témoigne de l'inscription IHS MA qui correspond aux monogrammes du Christ et de la Vierge. La lettre "H" du monogramme du Christ est surmontée d'une croix et il existe un cœur sous cette lettre. Le linteau de l'ancienne fenêtre transformée en porte de la partie est du rez-de-chaussée porte la date de construction du bâtiment : 1657.Les corbeaux de la cheminée qui se trouvaient dans la salle du rez-de-chaussée ont été démontés, toutefois, ils ont été conservés. Ils étaient composés de plusieurs ressauts et décorés de calices.En 1833, lorsque le premier cadastre de la commune a été achevé, le "village" de la Ménardais comptait une douzaine de foyers différents. La majorité de ces propriétés étaient modestes puisque les logis se trouvaient en alignement les uns avec les autres. Il existait ainsi quatre alignements principaux qui regroupaient de deux à quatre logis. Le bâtiment qui nous occupe correspond à l'alignement le plus à l'ouest sur le cadastre de 1833 (parcelles 596, 597 et 598). Le bâtiment qui fait l'objet de cette étude est situé à l'est de l'alignement. Ce bâtiment date de 1657 ainsi qu'en témoigne la date portée sur le linteau de l'une des baies du rez-de-chaussée. Il possède en effet les caractéristiques de l'architecture de cette époque : toiture à très forte pente possédant un coyau, baies quadrangulaires dont l'encadrement n'est pas chanfreiné, non alignement des linteaux des baies du rez-de-chaussée, corbeaux de cheminée à doubles ressauts...Les bâtiments construits à cette époque présentent souvent une toiture très pentue car elle était originellement couverte de chaume et non d'ardoise. Or, le chaume étant un matériau résistant mal à l'humidité, la pente de toiture devait être très forte afin que l'eau de pluie ruisselle le plus vite possible et ne s'infiltre pas. Plusieurs éléments permettent d'émettre une hypothèse sur la fonction du commanditaire de ce bâtiment. Ainsi, le linteau de la porte est gravé des monogrammes du Christ et de la Vierge : IHS et MA ; de plus, sur la cheminée du rez-de-chaussée (aujourd'hui démontée), il existait un décor de calice. Ces éléments évoquant la religion sont souvent présents sur des maisons ayant appartenu à des religieux. Par ailleurs, le plan et les équipements du bâtiment évoquent également ce type de commanditaire. En effet, les maisons de prêtre possèdent toujours une chambre à l'étage, ce qui était le cas ici et des équipements de confort comme des vaisseliers ou lave-mains, équipements qui existaient également dans ce bâtiment. L'escalier qui desservait l'étage se trouvait dans la partie ouest de la salle du rez-de-chaussée.Les photographies du bâtiment prises lors d'un précédent inventaire du patrimoine réalisé en 1969 dans la commune permettent de déceler les évolutions subies par le bâtiment depuis cette époque. Ainsi, la fenêtre d'origine du rez-de-chaussée, située à l'est, avait déjà été transformée en porte en 1969, toutefois, elle avait conservé son imposte grillée. Depuis 1969, la grille et l'imposte ont disparu. Par ailleurs, en 1969, la fenêtre de la partie ouest de l'étage possédait un linteau et des clés en bois, depuis, elle a été transformée et le linteau est aujourd'hui en granite. Cette fenêtre ne datait vraisemblablement pas de la construction du bâtiment, elle avait été percée par la suite, probablement au début du 19e siècle. La fenêtre de la partie est de l'étage est la fenêtre d'origine de la chambre, elle possédait une grille ; les gonds qui subsistent sur l'encadrement en témoignent encore.
Auteur(s) du descriptif : Dalibard Sabrina
Par : L'inventaire du patrimoine